Les asthmatiques et les sports

27/05/2022   Santé générale   1146   Med.tn

Les asthmatiques et les sports

Les asthmatiques et les sports

On l'a vu dans le chapitre consacré aux causes de l'asthme , l'activité physique est un des facteurs déclencheurs de l'asthme chez certains malades. Cependant, cet état de santé n'est pas une raison suffisante pour l'abandonner et rester à ne rien faire. En fait, l'exercice physique est un bienfait pour la plupart des gens, asthmatiques ou non.Il fortifie le coeur et les autres muscles, atténue le stress et rehausse la sensation de bien-être.

De plus, en faisant régulièrement de l'exercice, un asthmatique peut surveiller de plus près sa capacité pulmonaire. Chez l'enfant en particulier, la pratique du sport améliore l'évolution de la maladie à la fois par une meilleure efficacité respiratoire et par son impact psychologique relié à une meilleure estime de soi, à un gain de confiance et, naturellement, au bien-être physique.

L'asthme n'est donc pas une contre-indication aux sports, bien au contraire. Tous deux représentent plutôt une association hautement bénéfique!

Il ya une trentaine d'années cependant, on croyait que les asthmatiques ne pouvaient et ne devaient pas participer aux sports et à des activités physiques exigeants. On sait maintenant que c'est faux. Malheureusement, encore aujourd'hui, beaucoup d'enfants asthmatiques ne participent que peu aux activités physiques à l'école parce qu'ils croient que le sport leur est déconseillé. Cela n'est pas vrai, car l'asthme provoqué par l'exercice peut être prévenu et traité. Certes, les niveaux de tolérance à l'exercice varient, mais un enseignement personnalisé permettra aux enfants d'apprendre à trouver leur rythme pour participer aux activités qui sont à leur niveau.

Souvent, ce ne sont pas les enfants asthmatiques les plus craintifs, mais bien leurs parents. Ceux-ci seraient peut-être un peu plus tranquilles en sachant que certains sportifs asthmatiques ont pu, grâce aux traitements et à un entraînement spécifique, continuer leur carrière sportive et même gagner de nombreuses médailles dans des compétitions aussi prestigieuses que les Jeux olympiques.

Voici quelques exemples célèbres

Ren Critchlow (champion du monde de kayac en 1991),Peter Maher (marathonien olympique), Kurt Harnett (médaillé olympique en cyclisme), Charmain Crooks (médaillée olympique à la course à pied), Joan Benoit (championne du marathon féminin),Susan Auch (patineuse de vitesse canadienne),Jackie Joyner-Kersee (médaillée d'or à l'heptathlon aux Olympiques de 1988), Bill Koch (premier Américain à remporter la Coupe du monde de ski de randonnée), Rich Demont (médaillé d'or en natation), Paul Bennett (ex-joueur de football américain élu au panthéon du football) sont tous des athlètes de haut niveau atteints d'asthme!

Que penser de Mark Spitz et de ses sept médailles d'or en natation! Et pourtant, lui aussi était asthmatique. De plus, 67 des 597 athlètes américains (soit 11,2%) ayant participé aux Jcux olympiques de Los Angeles en 1984 souffraient d'asthme;ceux-ci avaient remporté 41 médailles (15 d'or, 20 d'argent et 6 de bronze).

Tous ces athlètes représentent la preuve vivante que, de nos jours, les traitements disponibles permettent à la plupart des asthmatiques de faire des exercices physiques et même de participer à des compétitions sportives. Néanmoins, avant de les imiter en s'engageant intensément dans une activité sportive, il convient de savoir quelques petites choses. Il serait faux de prétendre qu'il n'y a absolument aucun danger.

Même dans des conditions idéales, un exercice extrêmement exigeant peut provoquer une crise d'asthme chez certains individus. Cependant, l'asthmatique apprendra très vite à gérer son effort et, surtout, à le préparer. Dans tous les cas, c'est le gros bon sens qui prévaut.

Nous avons vu dans le chapitre consacré aux trucs et conseils que les sportifs doivent adopter quelques mesures de prévention afin de diminuer les symptômes ressentis lors de l'exercice. Un entraînement progressif est nécessaire et il faut savoir gérer son effort pour éviter une crise. Par exemple, les asthmatiques doivent parfois faire de courtes pauses au cours d'une séance d'exercices, ce qui n'est pas toujours évident.

Quand mon enfant jouait au football (il faisait souvent des crises à la fin de l'été et au début de l'automne, en pleine saison de football), il prenait deux bouffées de Ventolin une quin-zaine de minutes avant de sauter sur le terrain. Ensuite, il confiait sa pompe bleue à un de ses entraîneurs. Quand il tous-sait beaucoup et que sa respiration était sifflante, la consigne érait de se retirer du jeu pendant quelques minutes, dans le but de reprendre son souffle et de soulager sa toux. II retournait dans l'action et s'il devait revenir au banc presque tout de suite, il demandait alors sa pompe.

C'est facile à écrire, Mon enfant était un fanatique du foot-ball américain. Il se sentait envahi d'une mission chaque fois qu'il sautait sur le terrain. Pas question de ne pas donner sa pleine mesure, asthme ou non. Alors pour lui, l'épisode de la petite pause avant un second traitement était un gaspillage de temps. Toujours selon lui, il aurait été beaucoup plus simple de prendre tout de suite la pompe. Mais l'idée, surtout en période critique, était de ne pas abuser des bronchodilatateurs car il ne savait pas combien de fois il en aurait besoin durant la journée. Une chance que l'entraîneur qui contrôlait la pompe... c'était moi.

Cette petite anecdote met en relief l'importance d'une bonne communication entre les parents d'enfants asthmatiques et leurs entraîneurs sportifs. J'ai été entraîneur d'équipes sportives d'enfants et d'adolescents au football, au soccer, au ba-seball et au hockey. Je sais que, dans certaines circonstances, il est difficile de savoir qu'un jeune est asthmatique.

Au hockey, par exemple, tous les joueurs sont essoufflés quand ils reviennent au banc. D'autre part, avec tout le bruit qu'il y a dans l'aréna, on peut avoir de la difficulté à entendre la respiration des jeunes et à relever une sibilance. Un jour, je n'étais pas très content d'un défenseur qui traînait de la patte. Il ne jouait pas à la mesure de ses capacités. Je lui ai fait sauter un tour ou deux, comme on dit. Après la partie, dans le vestiaire, je l'ai vu prendre sa pompe bleue. C'est alors que j'ai élevé le ton. Pas pour lui dire qu'il avait mal joué, mais pour lui reprocher de ne pas m'avoir dit qu'il était asthmatique.

Quel sport choisir?

Le type d'exercice physique peut favoriser l'apparition précoce d'une crise. On comprendra que la course à pied provoque plus de crises que le lancer du marteau. La natation, qui se pratique dans une atmosphère chaude et humide, fait moins réagir les bronches, sauf, bien entendu, si celles-ci sont sensibles aux émanations de chlore.

Comme c'est le cas de tout le monde, le choix de la pratique d'un sport chez un asthmatique doit se faire en fonction de ses goûts. Tous les sports peuvent être pratiqués,comme en témoignent les nombreux champions olympiques et athlètes nationaux et internationaux qui sont asthmatiques. Des activités comme la natation, la gymnastique et les programmes de conditionnement physique sont particulièrement indiqués pour les adultes et enfants asthmatiques, car elles leur permettent d'évoluer à leur propre rythme.

Est-ce que les asthmatiques peuvent pratiquer tous les sports? Non! Il y a deux exceptions: la plongée sous-marine et l'équitation

La pratique de la plongée avec bouteilles peut être dangereuse pour les asthmatiques. En effet, il est techniquement impossible d'inhaler un médicament au fond de l'eau. De plus, l'air comprimé dans la bouteille contient une forte concentration de substances allergisantes ou non qui peuvent déclencher la crise. Quant à la pratique de l'équitation, en particulier chez l'enfant, elle est aussi déconseillée à cause de P'allergie aux poils d'animaux ou à d'autres allergènes contenus dans la paille. Dans ces deux cas, il est préférable de s'orienter vers un autre sport.

Comment diagnostiquer l'asthme post-exercice?

En temps normal, l'essoufflement dû à l'effort diminue rapidement dès l'arrêt de l'exercice physique. Chez un asthmatique souffrant d'asthme d'effort, la respiration sifflante survient environ une minute après l'arrêt de l'exercice physique et peut s'amplifier rapidement pour aboutir à une veritable crise d'asthme.

Le diagnostic peut être confirmé par les tests respiratoires. Ils consistent à mesurer le souffle avant et après un effort: soit lors d'une course libre à l'extérieur, soit lors d'une épreuve sur une bicyclette stationnaire. Ces mesures permettent aussi d'évaluer les effets d'un traitement. Avec les indications régulières des débits expiratoires de pointe, le médecin pourra indiquer à l'enfant sportif un traitement préventifadapté.


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