Mal de dos et colonne vertébrale

05/01/2022   Santé générale   2116   Med.tn
Mal de dos et colonne vertébrale

La structure de la colonne vertébrale

La colonne vertébrale, ou rachis, est une structure, osseuse constituée de 33 vertèbres superposés Elle s'étend de la base du crâne au bassin et entourne la moelle épinière.

Plusieurs parties

La présence d'os spécifiques, les vertèbres, permet de distinguer les vertébrés des invertébrés (insectes e mollusques, notamment). Au sein du groupe de vertébrés, ce qui distingue les hommes des autres animaux est la position debout. L'adoption de cette posture verticale a nécessité une adaptation de la colonne de la colonne vertébrale, au fil du temps, cette évolution a abouti à la formation d'une colonne vertébral composée de plusieurs parties :

  • La partie cervicale, qui correspond à la région du cou
  • La partie thoracique ou dorsale, qui correspond à ce qu'on appelle habituellement le dos
  • La partie lombaire, située dans la région de l’abdomen
  • Le sacrum, qui est un ensemble de vertèbres fusionnées. Prolongé par le coccyx, le sacrum se trouve au niveau du bassin.

Lordose cyphose

La colonne vertébrale est normalement et approximativement rectiligne vue de face ou de dos. En revanche, de profil, elle présente différentes courbures naturelles, appelées lordoses quand le creux regarde en arrière (au niveau des reins ou du cou) et cyphoses quand le creux regarde en avant (au niveau dorsal). L'existence de ces courbures a pour effet d'augmenter la résistance de la colonne vertébrale tout en préservant sa mobilité.

Les vertèbres

Les vertèbres sont chacun des os courts qui constituent la colonne vertébrale. Elles ont toutes une forme assez proche, bien qu'il existe des variantes entre les différents niveaux. L'être humain a normalement :

  • 7 vertèbres cervicales formant le cou
  • 12 vertèbres thoraciques (ou dorsales) participant au squelette de la cage thoracique et s'articulant avec les côtes
  • 5 vertèbres lombaires qui correspondent au bas du dos
  • 5 vertèbres soudées qui forment le sacrum lequel est prolongé par le coccyx, résidu atrophié de ce qui était la queue chez le singe. Le sacrum et le coccyx constituent la partie postérieure du bassin.

Structure d'une vertèbre

Chaque vertèbre comprend :

  • Une partie antérieure appelée corps vertébral
  • Un arc osseux postérieur, l'arc neural, qui, avec la face postérieure du corps vertébral, circonscrit un orifice nommé canal rachidien (ou vertébral), lequel contient la moelle épinière et les racines nerveuses s'en détachant
  • Une saillie médiane postérieure appelée apophyse épineuse
  • Deux saillies horizontales et transversales dites apophyses transverses
  • Quatre saillies verticales, les apophyses articulaires, par lesquelles chaque vertèbre s'unit aux vertèbres sus- et sous-jacentes

Les disques intervertébraux

Dans l'intervalle qui sépare deux vertèbres se trouve un disque, dit intervertébral, qui joue le rôle de coussinet élastique, recevant, amortissant et transmettant les pressions à chaque mouvement de la colonne, notamment lors d'efforts importants. Une douleur au niveau de ces disques est dite discale.

La moelle épinière

Chaque vertèbre présente une cavité centrale. Du fait de l'empilement des vertèbres, ces trous délimitent un tunnel, appelé canal rachidien, dans lequel passe la moelle épinière.

La colonne vertébrale assure ainsi une protection au tissu nerveux, plus fragile que les os.

Dans leur trajet de la moelle épinière vers les tissus du corps et, inversement, des tissus du corps vers la moelle épinière, les nerfs traversent des orifices nommés trous de conjugaison.

Un système résistant et mobile

La colonne vertébrale est faite d'un empilement de vertèbres reliées entre elles par une structure arrondie et plate, appelée disque intervertébral, ainsi que par un ensemble de ligaments et de muscles. Ce système confère à la colonne vertébrale à la fois une forte résistance et une bonne mobilité.

Ces orifices sont situés à hauteur et juste en arrière du disque intervertébral, entre les lames osseuses qui réunissent les corps vertébraux (partie antérieure) et les arcs neuraux (partie postérieure) de deux vertèbres superposées.

À chaque articulation entre deux vertèbres, un nerf sort du côté droit et un autre du côté gauche de la colonne vertébrale, ce qui forme une paire de nerfs homologues, assurant la même fonction de chaque côté du corps. On dénombre ainsi 31 paires de nerfs rachidiens :

  • 8 paires de nerfs cervicaux (la première paire sort entre le crâne et la première vertèbre)
  • 12 paires de nerfs thoraciques, ou dorsaux
  • 5 paires de nerfs lombaires, dont le célèbre nerf sciatique
  • 5 paires de nerfs coccygiens
  • 1 paire de nerfs sacrés. Avec les nerfs crâniens, qui naissent de l'encéphale, les nerfs rachidiens constituent le système nerveux périphérique.

Douleur du dos : un problème fréquent

On estime que 47 % des Français souffrent du dos et que 10% présentent régulièrement des lombalgies (douleurs dans la région des vertèbres lombaires), Les affections touchant la colonne vertébrale (ou rachis) représentent 3% des consultations des généralistes et 13% des accidents du travail. Leur gravité est variable. Dans certains cas, le mal de dos peut avoir un retentissement important sur la vie personnelle, sociale et professionnelle.

Les populations concernées

Hérédité et mode de vie

Les douleurs du rachis concernent tout le monde à des degrés divers. Il existe certainement une prédis- position héréditaire, mais le mode de vie semble constituer le facteur le plus important dans la fréquence de ces troubles.

Ainsi, selon les chercheurs de rhumatologie à casa, la moindre incidence des douleurs dorsales au sein de certaines populations (Asiatiques, par exemple) tiendrait plus à l'habitude de s'asseoir sur les talons ou de s'accroupir qu'à une susceptibilité génétique.

En outre, la pratique régulière de certains sports (natation, vélo, gymnastique, danse classique) semble protectrice, alors que d'autres, comme le rugby, le jogging, le saut (quel qu'il soit) ou l'équitation, sol- licitent beaucoup les vertèbres.

Femmes et hommes

On ne constate pas de différence notable entre hommes et femmes chez l'adulte jeune pour ce qui concerne la fréquence du mal de dos.

En revanche, les modalités de déclenchement sont sans doute moins liées aux activités professionnelles chez la femme que chez l'homme, qui exerce plus souvent des travaux de force, source de lombalgies.

On note cependant un niveau élevé de dorsalgies au sein de certains métiers à dominante féminine (chez les caissières de supermarché, par exemple).

La seconde moitié de la grossesse est, par ailleurs, une période à risque car les femmes sont alors obligées d'accentuer leur cambrure pour reculer leur centre de gravité tiré vers l'avant par le poids du bébé.

Après la cinquantaine, les douleurs vertébrales sont nettement plus fréquentes chez les femmes, à cause de l'ostéoporose survenant à la ménopause.

L'âge

Le mal de dos existe à tout âge. Chez les enfants et les adolescents, les douleurs peuvent relever de causes spécifiques (croissance, scoliose, parfois rachitisme). Chez les personnes âgées, les problèmes de dos ont tendance à devenir chroniques.

Causes et évolution générale

Deux grands types de causes Le mal de dos peut être provoqué par un très grand nombre d'affections, dont les causes sont de deux types : les causes mécaniques et les causes non mécaniques.

Les causes mécaniques

Ce premier groupe rassemble les maladies qui résultent des contraintes supportées par la colonne vertébrale. Ce sont essentiellement des causes liées à l'arthrose et au vieillissement des disques intervertébraux.

On y trouve également des séquelles de fractures ou d'autres types de déformation : les scolioses, les lordoses et les cyphoses excessives.

Les causes non mécaniques

 Ce second groupe comprend un ensemble de maladies diverses, beaucoup moins fréquentes que celles qui relèvent du premier groupe. Il s'agit pour la plu- part d'entre elles de maladies inflammatoires (c'est- à-dire de variétés de rhumatismes) et de tumeurs.

Ces dernières sont le plus souvent bénignes, sauf pour les métastases de cancers dont le siège primitif est situé ailleurs dans le corps.

Des conséquences nerveuses

Comme les nerfs passent par le rachis (de la moelle vers les muscles et inversement), toute maladie ou tout accident touchant la colonne vertébrale est susceptible d'irriter ou de léser des racines nerveuses, donnant alors des signes ou des complications d'ordre nerveux.

L'évolution du mal de dos

Il est impossible de décrire une évolution type des douleurs dorsales, car le déroulement varie notablement selon la cause et le mode de vie.

On distingue néanmoins des cas de figure ou des facteurs d'évolution selon que le mal de dos a une origine mécanique ou non.

Les causes mécaniques

Certains critères dépendent du caractère objectif de la maladie, d'autres sont liés à la façon dont chaque personne réagit face aux contraintes de la douleur et, parfois, de son traitement ce sont :

  • La capacité du patient à adapter son mode de vie à ses possibilités, sa volonté de se traiter
  • Les caractères de la douleur, l'évolution n'étant pas la même selon que les épisodes douloureux sont aigus ou que la gêne est chronique
  • La qualité du diagnostic et du traitement (en particulier lors des premières manifestations de la douleur), tout comme la bonne compréhension du patient quant à l'origine de ses douleurs et à leurs implications au quotidien
  • La présence ou non de complications de type sciatique ou névralgie. Ces douleurs provoquées par l'irritation d'un nerf sont possibles, mais elles provoquent rarement de vraies paralysies

Le mal de dos d'origine mécanique n'est pas cause de décès. De plus, contrairement à une idée reçue, la vieillesse aurait tendance à améliorer la gêne occasionnée par ce type de douleurs.

Des conséquences sociales et personnelles

Le mal de dos pose plusieurs problèmes importants :

  • Un problème de société, car il reste une cause fréquente d'arrêt de travail (on estime à 13 millions le nombre de jours d'arrêt qu'il occasionne chaque année en France). Il peut aussi obliger à une réorientation professionnelle, voire à un arrêt définitif d'activité
  • Un problème privé et familial, car la douleur peut entraver certaines activités quotidiennes (bricolage, déplacements, jeux avec les enfants, rapports sexuels) et parce que la douleur retentit forcément sur l'humeur. Cependant, la perte d'autonomie reste exceptionnelle.

Les causes non mécaniques

Deux exemples permettent de comprendre la façon dont ces maladies peuvent évoluer :

  1. Une maladie inflammatoire, la spondylarthrite ankylosante (en abréviation SPA)
  2. Une maladie tumorale, la métastase vertébrale d'un cancer.

 • La spondylarthrite ankylosante : Cette maladie chronique est caractérisée par la survenue d'une arthrite touchant principalement les articulations sacro-iliaques et celles du rachis. Elle affecte en grande partie des hommes et débute souvent entre 15 et 30 ans.

L'évolution se fait par poussées inflammatoires, avec une progression de bas en haut généralement (du bassin vers le rachis cervical).

Pendant les poussées, le malade est fatigué, les douleurs survenant nuit et jour, et raide. En dehors de ces phases, il ne ressent habituellement aucune douleur, mais il reste plus ou moins raide selon les séquelles laissées par les poussées antérieures.

En fonction de l'importance des poussées et de leur répartition dans le temps, la maladie peut donner des formes graves, avec des déformations et une raideur séquellaire, ou des formes bénignes, avec peu de déformations et de gêne. Habituellement, l'évolution s'étale sur 20 à 30 ans et laisse des séquelles lourdes, qui peuvent néanmoins être retardées et diminuées par un traitement précoce.

La métastase vertébrale : Le cancer vertébral est le plus souvent dû à une métastase d'un cancer développé sur un autre organe (sein, prostate, rein, utérus, poumon, etc.). Dans ce cas de métastase vertébrale, l'évolution est continue.

Les douleurs ne sont pas nécessairement intenses au début, mais elles sont permanentes. Le développement des métastases entraîne des complications : fractures, compressions de la moelle épinière, paralysies. L'issue dépend pour beaucoup de l'évolution du cancer primitif, mais elle est encore souvent mortelle.

En revanche, une méta- stase isolée peut parfois très bien répondre au traite- ment local. Elle peut même guérir si le cancer primitif est contrôlé.


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