Le poumon Miroir des maladies

15/03/2022   Santé générale   1579   Med.tn

Le poumon Miroir des maladies

Le poumon Miroir des maladies

Les civilisation indoeuropéennes ont toujours localisé dans le souffle (pneuma, en grec) à la fois la source de la vie et l'esprit ou l'âme. Les énergies les plus subtiles étaient symbolisées par la respiration, c'est pourquoi nous mourons depuis des millénaires en « rendant notre dernier souffle ».

Les grandes maladies archétypes, la tuberculose au XIX siècle, le cancer puis le sida au xx°, atteignent préférentiellement le poumon. La pneumologie est née au XIX siècle avec les découvertes du Français Laennec, qui a su rendre perceptibles et audibles par le stéthoscope les anomalies du tissu pulmonaire. Cette méthode anatomoclinique a permis de corréler les lésions avec les signes cliniques, et de séparer les maladies du poumon et celles des plèvres qui les enveloppent.

Au début du xx° siècle, la radiographie a rendu visibles les signes de la maladie que les explorations modernes, scanner, imagerie par résonance magnétique (I.R.M.) et fibroscopie bronchique ont précisés. La maladie peut être dépistée avant que n'apparaissent des symptômes observables par le patient.

Toute difficulté respiratoire est dramatique pour le malade, et la prise en charge de ces malades chroniques tient compte de cette angoisse. Depuis les premiers poumons d'acier en 1930, les respirateurs des années 1950 ont relayé la mécanique ventilatoire défaillante et l'oxygénothérapie supplée aujourd'hui le défaut d'oxygénation. Mais une prothèse du poumon efficace n'existe pas encore. Aussi les greffes pulmonaires soulèvent-elles un grand espoir.

Le poumon malade de l'environnement

L'air, outre les gaz qui participent à l'oxygénation contient de nombreux éléments étrangers, « aérocontaminants » (particules minérales ou organiques en aérosols). Le poumon est capable d'épurer une certaine quantité de ces particules : les plus grosses, dont le diamètre est supérieur à 10 μm (millionièmes de mètre), se déposent au niveau du nez où elles sont arrêtées par les poils. Les particules moyennes (de 5à0,5 μm) se déposent sur la muqueuse trachéobronchique.

Grâce au mouvement permanent des cils bronchiques, qui mobilisent une sorte de tapis muqueux, ces particules sont ramenées au carrefour aéropharyngé et rejetées par la toux ou la déglutition. Enfin, les plus petites particules (inférieures à 3 μm) pénètrent dans les alvéoles, où elles sont phagocytées par les macrophages alvéolaires et éliminées avec eux. Ces mécanismes de défense sont vite débordés dans l'environnement des villes où la concentration de ces particules a augmenté dangereusement (passant de 0,5 mg par ㎡2 d'air à la campagne à 100 mg en milieu urbain).

La plupart des particules comme celles du tabac et des goudrons sont irritantes pour la muqueuse bronchique. Cette dernière perd alors ses cils et s'enrichit en glandes bronchiques sécrétant d'avantage de mucosités qui stagnent et s'infectent. Ia paroi bronchique s'altère, ce qui entraîne un syndrome d'obstruction bronchique.

Enfin, les parois des alvéoles pulmonaires se rompent, constituant des bulles qui provoquent une dilatation excessive et permanente des alvéoles (emphysème). Certains partis cules sont allergisantes et provoquent des bronchospasmes, un asthme pouvant s'installer et persister même si l'organisme n'est plus en contact avec l'aérocontaminant. Les goudrons ont de plus une action carcinogène propre et potentialisent les autres substances carcinogènes.

Au niveau alvéolaire, une fois ingérées par le macrophage, les particules organiques peuvent entrainer une réaction immunitaire mobilisant les lymphocytes circulants. Ils colonisent le poumon, entraînant une alvéolite lymphocytaire allergique, puis une fibrose. De nombreux aérocontaminants, comme les particules de silice, d'amiante, peuvent également entraîner une fibrose par eux-mêmes. Ils se déposent dans les membranes pulmonaires où ils sont détruits par des cellules spécialisées : les macrophages. Ceux-ci deviennent des cellules géantes et s'entourent de polynucléaires, de lymphocytes et de fibroblastes.

La membrane alvéolo-capillaire s'épaissit alors et perd sa perméabilité. L'oxygène ne peut plus diffuser de l'alvéole vers le capillaire. Les aspects des agressions du poumon par l'environnement sont ainsi multiples tant par les mécanismes : irritants, allergiques, fibrogènes, que par les sites d'action : bronche, alvéoles, membrane ; la résultante est la perte de la fonction d'oxygénation du poumon.

Cycle respiratoire du poumon

Branchés sur la petite circulation, les poumons sont les seuls organes traversés par tout le débit sanguin de l'organisme au cours du cycle respiratoire.

Les artères pulmonaires, issues du ventricule droit, es artères pulmonaires, is-transportent le sang vers la mem-l‘oreillette gauche d'où il est parodique, le cœur n'assume plus bien son rôle de pompe et n'arrive pas à éjecter le sang vers l'aorte. Le débit cardiaque chute et le volume sanguin stagne en amont du ventricule gauche, donc dans le poumon. Cela est l'une des causes de l'œdème pulmonaire et des épanchements pleuraux.

Le poumon joue un rôle de filtre puisque tout le débit sanguin transite par lui. Cela le rend particulièrement vulnérable. Ainsi, les cellules tumorales issues d'un cancer d'une quelconque origine transitent dans le poumon, ce qui explique la grande fréquence des métastases pulmonaires dans les cancers généralisés.

De même, le flux sanguin favorise les embolies (oblitération d'un vaisseau par un corps en migration), le plus souvent migration de caillot. A partir des veines périphériques, les caillots, après être passés dans l’oreillette droite, vont se trouver bloqués dans les artères pulmonaires qui se traduisent par une gêne respiratoire, des douleurs et des crachements de sang. Enfin, tous les micro-organismes transitent également par le poumon et, dans les maladies infectieuses générales, quel que soit le point de départ de l'infection, les micro-organismes pathogènes peuvent s'arrêter dans le poumon et donner des métastases septiques sous forme d'abcès pulmonaires ou de pneumonies.

Les germes, comme les mycobactéries responsables de la tuberculose ou les parasites responsables de la pneumocystose pulmonaire des malades porteurs d'une immunodéficience acquise, pénètrent dans le poumon par voie aérienne. Ils essaiment ensuite secondairement dans tout l’organisme. Dans maladie du sida en particulier, les diverses infections pulmonaires représentent un des facteurs pronostiques importants.

Tabagisme et Cancer du poumon

La part des cancers dans la mortalité globale ne cesse d’augmenter, le cancer broncho-pulmonaire est le plus meurtrier environ 30.000 morts en 1989, dont 9 cas sur 10 sont dus au Tabac.

Le risque de cancer induit par le tabac apparait pour une consommation globale de cigarettes supérieure à 200 000 et persiste au moins 8 ans après le sevrage. La fibroscopie bronchique localise la tumeur évoquée par les signes cliniques et radiologique et permet des prélèvements analysés par l’anatomo-pathologiste.


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