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Magazine Médical

La réduction des risques tabagiques dans le monde

19/11/2020      767   med.tn



Il y a tout juste quelques jours que  le rapport annuel du Global State of Tobacco Harm Reduction (GSTHR) fut sorti, faisant le point sur les perspectives de la réduction des risques tabagiques à travers le monde.

Lancé le 04 novembre dernier, « Burning Issues : The Global State of Tobacco Harm Reduction (GSTHR) 2020 », était le dernier d'une série de rapports historiques de l'agence de santé publique britannique « Knowledge Action Change » (KAC). En effet,  les auteurs du rapport ‘Burning Issues’ ont montré qu'il subsiste un besoin urgent d’accélerer l’implementation de la stratégie de réduction des méfaits du tabac afin d’en activer le potentiel auprès de la santé publique»

En résumé :

- Près de 8 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées au tabagisme.

- 80 % des fumeurs du monde vivent dans des pays à faible ou moyen revenu.

- Un milliard de personnes devraient mourir du tabagisme aux horizons de l’année 2100.

- Le nombre total de fumeurs dans le monde est établi à 1,1 milliard. Un chiffre constant depuis l’année 2000.

- Il existe des preuves que les produits à risques réduits sont moins nocifs que la cigarette.

- L’adoption de ces produits s’est faite sans aide, ou via une aide marginale des gouvernements.

- Les produits à risques réduits ont le potentiel de réduire significativement les maladies liées au tabagisme.

- Il y a seulement 9 utilisateurs de produits à risques réduits pour 100 fumeurs.

- De nombreuses associations perçoivent ces produits, de manière erronée, comme une menace et non comme opportunité.

- La réduction des risques est adoptée par l’OMS dans presque tous les domaines, sauf celui du tabagisme.

- En luttant contre les produits à risques réduits, l’OMS rentre en contradiction directe avec son principal objectif qui est de promouvoir la santé publique.

« La surveillance officielle de l'utilisation des produits à risques réduits est actuellement limitée - mais elle est essentielle pour comprendre leur impact et leur potentiel dans la lutte contre les décès et les maladies liés au tabagisme.

Néanmoins, ces chiffres démontrent l'ampleur de l'adoption et de l'acceptation par les consommateurs de ces produits comme alternatives au tabac combustible, qui tue la moitié de ses utilisateurs », lit-on dans un extrait d'un communiqué des organisateurs de la GSTHR.

Participation virtuelle d’experts internationaux

Les experts ont répondu présents à travers trois sessions en ligne, parmi eux le professeur David Nutt, neuropsychopharmacologue, qui a tenu un discours liminaire avec la députée australienne et chef de parti Fiona Patten, ainsi que Clive Bates du Contrefactuel, le président de l'INNCO Samrat Chowdhery, Martin Cullip de NNA UK et Chimwemwe Ngoma de THR Malawi.

Le rapport GSTHR : les pays à faibles revenus n’ont pas accès aux produits à risques réduits

Les auteurs du rapport ont souligné que malheureusement, l'accès à des alternatives moins risquées contenant de la nicotine reste en grande partie le privilège des pays développés

Parallèlement, 80% des fumeurs du monde vivent dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires qui sont mal équipés pour mettre en œuvre des stratégies efficientes de lutte antitabac ou encore de réduction des risques.

Le rapport révèle également la manière dont la politique de lutte antitabac est indirectement contrôlée mais directement influencée par des fondations et philanthropes américains, financeurs principaux d’organismes tels que l’OMS, ce qui conduit à une désinformation dissuadant les fumeurs de se convertir à des alternatives plus sûres que la cigarette

OMS et réduction des risques

Lors de la conférence en ligne, notre équipe med.tn a eu l’opportunité de poser la question suivante aux conférenciers, autour de la position actuelle de l’OMS quant à la stratégie de réduction des risques liés à la cigarette :

« Pouvons-nous dire qu'en déniant le concept de réduction des risques, l'OMS freine l’accès à l’informations, et n’aide donc les fumeurs à arrêter ou à réduire leur consommation de cigarettes et autres produits combustibles?

Dr Marina Foltea (Suisse) ainsi que Dr Fiona Patten (Australie) ont toutes deux affirmé dans ce sens, que l’OMS se doit de recommander le concept et les initiatives de la réduction des risques afin d’aider à diminuer l’incidence du tabagisme et rappelant que malheureusement le principe de réduction des risques est adopté par l’OMS dans presque tous les domaines touchant à la santé publique, sauf celui du tabagisme.


Les produits non-combustibles sont moins dangereux:

Professeur Gerry Stimson, Professeur émérite à l'Imperial Collège de Londres et directeur du KAC :

« C’est un moment décisif pour la santé future de 1,1 milliard de fumeurs dans le monde, qui méritent mieux que le statu quo.

Les décideurs politiques engagés dans la révision actuelle de la directive de la Commission Européenne sur les produits du tabac et dans la conférence des parties de la Convention cadre de lutte contre le tabac de l'OMS de l'année prochaine doivent examiner les preuves du rôle de la réduction des méfaits du tabac, comprendre le consommateur et mettre en œuvre des politiques qui se concentrent véritablement sur la réduction du bilan mondial des maladies liées au tabagisme et les décès  y afférant le plus rapidement possible.

Si intégrée dans les politiques de la lutte antitabac, la réduction des risques pourrait changer la donne dans la lutte contre les maladies non transmissibles. »

Conférencier invité, le professeur David Nutt, fondateur de Drug Science et Edmund J. Safra, professeur de neuropsychopharmacologie à l'Imperial Collège de Londres :

« Mon travail à la tête d'une analyse décisionnelle multicritère sur les méfaits des différents produits à base de nicotine en 2013 a contribué à faire comprendre que les cigarettes électroniques sont environ 95% moins nocives que les cigarettes.

Pourtant, certains« experts » continuent malgré tout de réfuter les preuves scientifiques sur la nocivité mineure du vapotage ou du snus et nient les données relatives aux dommages, tout en insultant et en diffamant des scientifiques comme moi.

Rejeter l'opportunité de la réduction des méfaits du tabac est peut-être le pire exemple de déni scientifique depuis que l'Église catholique a interdit les œuvres de Copernic en 1616. » 

L’utilisation de produit à risques réduits reste encore minoritaire comparée aux cigarettes

D’après le rapport GSTHR la Terre compterait aujourd’hui 98 millions d’utilisateurs de produits nicotiniques à risques réduits, dont 68 millions de vapoteurs. Un chiffre qui, s’il est encourageant, signifie qu’il n’y a que 9 % d’utilisateurs de ces produits pour 100 fumeurs.

La plupart d’entre eux sont concentrés aux États-Unis, en Chine, en Russie, au Royaume-Uni et en France. Le Japon est le pays qui compte le plus d’utilisateurs de produits du tabac chauffé, tandis que la Suède se place comme le pays n° 1 concernant l’utilisation du SNUS.

La règlementation doit suivre !

Si une stratégie, une politique ou ne-serait-ce-qu’une idée, puisse réduire significativement les risques sur la santé publique, voire sauver des vies, il serait tout simplement irresponsable et inacceptable d’en interdire ou limiter l’accès au grand public.

Tandis qu’un consensus grandissant autour de ce sujet se construit auprès des experts, beaucoup de chemin reste encore à faire par nos dirigeants et les leaders des réglementations notamment en matière de santé publique.

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