La fièvre

12/01/2022   Santé générale   786   hanen nait addy



La fièvre représente en pédiatrie le motif de consultation le plus fréquent. Sa signification est variable : souvent elle est bénigne, provoquée par une infection, elle peut également être grave de par son Importance ou en raison de l'affection qu'elle annonce.

Définition de la fièvre

La fièvre est caractérisée par un dérèglement de la thermorégulation. Les centres de la thermorégulation fonctionnent mais le point de référence a changé, il n'est plus de 37°C mais se fait autour de 38-39°C.

L'hyperthermie par contre est une élévation de la température centrale pouvant être la conséquence d'un mécanisme à point de départ externe (exemple : ambiance surchauffée ou exercice musculaire intensif). Le point de référence ne change pas.

Physio-pathologie de la fièvre

La fièvre est provoquée par un facteur soluble produit par les Leucocytes et appelé pyrogène leucocytaire.

Ce pyrogène leucocytaire peut être produit par de nombreux agents :

- virus, bactéries, levures

- substances non microbiennes

Le pyrogène leucocytaire provoque la libération de prostaglandines (à partir des phospholipides de membranes cellulaires) qui agissent sur l'hypothalamus lequel détermine une élévation du point de référence. L'aspirine exerce son effet antipyrétique en inhibant la libération des prostaglandines.

Gravité de la fièvre

Le rôle bénéfique de la fièvre comme moyen de défense vis-à-vis des agents infectieux est théorique. Elle est tolérée chez le grand enfant et l'adulte. Chez le nourrisson par contre, l'organisme est incapable de s'adapter à une augmentation de la fièvre. Toute fièvre qui monte est un danger. Elle expose à deux dangers : apparition de convulsions Hyperthermiques ou survenue d'un syndrome d'hyperthermie Majeure.

1-Convulsions fébriles : Une activité excessive et anormale des neurones cérébraux, observées lorsque la température dépasse 38° 5° en dehors de toute infection du système nerveux central. Ces crises surviennent avec un maximum de fréquence au cours de la 2ème année de la vie.

2-Syndrome d'hyperthermie majeure : c'est une affection grave, souvent fatale qui comporte :

- Une hyperthermie supérieure à 41°C

- un collapsus

- Une atteinte viscérale

Neurologique : troubles de la conscience, convulsions pouvant aboutir à un coma ou laisser des séquelles définitives

• Rénale : généralement sans gravité

musculaire

hépatique : ictère, troubles de la coagulation

Significations de la fièvre

Chez le nouveau-né :

Les centres de régulation de la thermogénèse sont encore peu développés, le nouveau-né peut réagir indifféremment par une hypothermie ou une hyperthermie.

Dans ce contexte toute élévation de la température même minime(38ºC) doit faire rechercher une infection. Le plus souvent dès que les prélèvements sont effectués, une antibiothérapie est mise en route.

Avant 6 mois :

Une température supérieure à 38°5 C impose la même conduite à tenir que chez le nouveau-né Les étiologies les plus fréquentes sont représentées par une méningite, une otite moyenne, une infection respiratoire.

Entre 6 mois et 3 ans :

Et chez l'enfant d'âge préscolaire une élévation de la température au-dessus de 38°5C déclenche une enquête étiologique :

- Interrogatoire des parents

-Examen clinique

- Bilan biologique en fonction de l'orientation clinique. Dans l’attente des résultats, l'enfant doit être mis sous traitement symptomatique.

Traitement de la fièvre

Le traitement symptomatique de la fièvre comprend des moyens physiques et des moyens médicamenteux ou  bien la consultation d'un ORL

A - MOYENS PHYSIQUES

- découvrir le plus possible l'enfant fébrile

 - maintenir la température ambiante à 20°C (supprimer les sources de chauffage)

 - pratiquer des bains tièdes :

- plonger l'enfant dans une bassine d'eau dont la température est d'environ 2°C inférieure à celle de l'enfant.

- les bains doivent être répétés.

- appliquer des enveloppements frais sur le corps de l'enfant (tête, flancs, racines des membres).

 - ne pas oublier de maintenir un état d'hydratation correct car l'enfant en transpirant perd de l'eau et des électrolytes qui doivent être compensés donc donner à boire à l'enfant.

B- MOYENS MEDICAMENTEUX 

Deux produits sont largement utilisés :

1/ Acide acétylsalicylique (Aspirine) :

- Utiliser les formules orales

- 50 mg/kg/j à répartir en 4 à 6 prises

- l'effet antipyrétique est obtenu en 20 à 30 mn

 -Attention à la dose toxique chez l'enfant :

150 mg/kg/j c'est-à-dire trois fois la dose recommandée. Chez les enfants présentant une affection rénale ou hépatique, une intoxication peut se produire pour des doses beaucoup plus faibles.

- l'intoxication se manifeste par des convulsions des troubles de la conscience, une hyperpnée, une atteinte hépatique, des troubles métaboliques...

2/ Paracétamol :

Préférer les formules orales (efficacité obtenue 20 à 30 mn après l'absorption)

- 20 à 30 mg/kg/j à répartir en 4 prises

- intoxication si sur- dosage (rare) : troubles neurologiques, hypothermie, atteinte hépatique.

3/ Éviter les associations Acétyl. Salicylique et phénobarbital (Prenoxan) en cas de survenue de fièvre chez un enfant qui a déjà convulsé, utiliser le diazépam (Valium*) à la dose 1 mg/kg/j par voie orale ou rectale.


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